« Ukraine : l’Europe des Nations ne se fera pas hors des réalités historiques » – Yvan Benedetti

L’Ukraine est un pays artificiel qui a toujours été sous la coupe des puissances dominantes du moment, d’autant plus facilement qu’elle n’a pas de frontières naturelles et n’a jamais été indépendante, sauf de façon très épisodique ou anecdotique, de son voisin russe avant l’effondrement de la « prison des peuples » qu’était l’Union soviétique. Il s’agit donc plus d’un sentiment, d’une identité toujours vivace, que d’une Nation ou d’un État au sens traditionnel du terme, d’où ses difficultés à organiser un gouvernement, à lutter contre une corruption endémique…


La situation actuelle est la conséquence directe de deux choses :


1 – l’effondrement de l’Union soviétique, après lequel des millions de Russes se sont retrouvés en dehors des frontières de la Fédération de Russie. C’est ce que Soljenitsyne avait qualifié de « Problème russe ».


Cette perspective est à mettre en parallèle avec la présence, dans nos vieilles nations d’Europe occidentale, de millions d’immigrés qui ne se sentent pas européens et sont bien plus éloignés de nous, sur le plan de la civilisation, que ne peuvent l’être un Russe d’un Estonien ou d’un Roumain. Cela rend d’autant plus urgente l’organisation planifiée de la re-migration vers leurs continents d’origine de ces masses susceptibles de devenir hostiles au moindre prétexte.


2 – La politique hostile des Yankees et de tous leurs affidés en Europe, fidèles à la théorie de Brezinski d’encerclement de la Russie et qui ont fomenté toutes ces « révolutions de couleur » financées par Soros comme en Géorgie, ou ces coups d’État comme avec « Maïdan », installant un gouvernement fantoche à Kiev. Ils ont poussé trop loin leurs provocations avec la future entrée de l’Ukraine dans l’Otan, l’installation en Pologne et en Roumanie de missiles dirigés contre la Russie et dernièrement en tentant de renverser le régime d’Alexandre Loukachenko en Biélorussie.


Par ces actes bellicistes Ils ont réveillé l’ours russe. Mal leur en a pris !


Le nationalisme n’est pas un inter-nationalisme et n’a pas vocation à l’universel. Il est légitime quand il est au service des intérêts des peuples et des nations dont il constitue l’incarnation politique. Et en la matière, Poutine mène une politique très nationaliste. Cela devient du pur chauvinisme condamnable quand il se met au service d’intérêts particuliers et qu’il est dévoyé, comme en Ukraine, pour devenir une arme du mondialisme contre la Russie. C’est ce faux patriotisme revanchard, dévoyé et caricatural que Poutine a appelé à éradiquer.


La présence de ces minorités éparpillées dans des pays voisins, dans toute l’Europe orientale, conséquence des découpages territoriaux arbitraires qui ont suivi les deux guerres mondiales, doit nous rappeler que la Nation est la seule organisation politique viable permettant aux peuples de s’épanouir, qu’elle est indissociable de notre civilisation européenne et que l’appartenance à cette civilisation continentale commune ne fait pas une nation. L’Europe aux cent drapeaux régionaux est au mieux une illusion, au pire un piège sciemment tendu par nos ennemis historiques. La Grèce antique a disparu de la politique mondiale lorsqu’elle a renoncé à son organisation en cités pour se fondre dans des empires, macédonien ou romain. Si nos Nations disparaissent, nous disparaîtrons, nous, Européens, de l’histoire, au profit d’empires dont nul ne sait quels intérêts ils servent.


Les Nationalistes, conscients des enjeux géopolitiques et du recul mondial de la civilisation et de la race européennes, déplorent cette guerre fratricide entre peuples du vieux continent, mais qui révèle bien en pleine lumière la continuelle soumission de l’Europe aux États-Unis et à leur proxy l’Otan que le sort réel des Ukrainiens indiffère.


Nous sommes donc favorables à la partition de la province avec des nouvelles frontières que le rapport de force actuel va contribuer à fixer. D’un côté, l’Ouest où le nationalisme galicien est légitime. De l’autre, l’Est, berceau de l’orthodoxie russe. Historiquement la petite Russie appartient, comme la Crimée, au monde russe.

Yvan Benedetti

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